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Salmonelloses : dépistage systématique chez le poulet de chair

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30 décembre 2008 (Dépistage systématique - Poulets de chair)

Arrêté du 30 décembre 2008 relatif à la lutte contre les infections à Salmonella dans les troupeaux de poulets de chair mentionnée à l'article D. 223-21 du code rural et fixant les modalités de déclaration des salmonelloses aviaires visées à l'article D. 223-1 du code rural (JO 11/01/09).

  


Arrêté du 30 décembre 2008
 

Analyse :

En résumé,

C’est la première fois qu’un « programme national de lutte contre les salmonelles » est mis en place chez les poulets de chair. Des programmes similaires sont déjà en place depuis 2007 dans les couvoirs et chez les poules pondeuses.
 
Dépistage systématique sur toutes les bandes.
Chez les poulets de chair, l’arrêté rend obligatoire un dépistage sur toutes les bandes des Salmonelles dans l’environnement (les fientes) moins de trois semaines avant l’abattage. Les analyses peuvent être confiées à un laboratoire privé dit « reconnu » par la DSV ou à un laboratoire agréé (laboratoire public type LDA).
Ce dépistage ne doit pas avoir lieu pendant un traitement antibiotique actif contre les entérobactéries et jusqu’à la fin du délai d’attente de ce traitement. En outre, la détection d’inhibiteurs (antibiotiques) dans les prélèvements conduit à déclencher une suspicion de Salmonella Enteritidis (SE) ou Salmonella Typhimurium (ST).
 
Antibiotiques et vaccination contre les salmonelles.
L’arrêté interdit les traitements antibiotiques dans l’objectif de réduire l’infection par les salmonelles, sauf en cas de forme clinique de salmonellose. La vaccination des poulets de chair SE/ST n’est pas interdite, mais seulement possible avec des vaccins inactivés.

Police sanitaire
En cas de dépistage positif en SE ou ST, les interventions sont placées sous le contrôle de la DSV (exploitation placée en APMS). Une seconde série de prélèvements dans l’environnement est réalisée par un vétérinaire sanitaire et analysée par un laboratoire agréé. Si le résultat est à nouveau positif, une troisième série de prélèvements de confirmation, à partir des muscles des oiseaux, est réalisée par le vétérinaire sanitaire et analysée par les laboratoires agréés et conduite à une infection confirmée en cas de résultat positif en SE ou ST.
 
Autres dispositions
Ce long arrêté entre dans le détail de la mise en place de ce dépistage (prélèvements, dérogation…) et de la police sanitaire en cas de suspicion : laboratoires d’analyses, protocole de nettoyage désinfection et contrôle de son efficacité, abattage, marquage des viandes issues des poulets des lots « suspects » ou « confirmés infectés ».
Quelques dispositions financières concernant la prise en charge par l’état des visites par les vétérinaires sanitaires sont aussi inscrites dans cet arrêté (entre 27 et 80 euros selon la visite).
 

Plus en détail,

Contexte et historique
Ce nouvel arrêté « salmonelles poulets de chair » complète la série de quatre arrêtés « salmonelles couvoirs et pondeuses » qui ont été actualisés au Journal officiel des 3 et 4 janvier 2009. Comme les précédents, il s’inscrit dans le cadre du règlement « salmonelles » 2160/2003 (règlement plusieurs fois modifié) et des objectifs communautaires de réduction de la prévalence des salmonelles dans les différentes filières avicoles, notamment dans la filière ponte, les couvoirs de reproducteurs de poulets de chair.

Pour les poulets de chair, l’objectif communautaire est fixé à 1 % au 31 décembre 2011 pour Salmonella Enteritidis et Salmonella Typhimurium (objectif fixé par le règlement 647/2007 du 12 juin 2007).
La France est déjà dans cet objectif avec une prévalence de 0,5 % en 2007.

Les principaux points de l’arrêté sont détaillés ci-dessous.
 
L’arrêté rappelle que ces élevages sont déjà soumis aux mesures de biosécurité dans le cadre de prévention de l’Influenza aviaire.
 
Dépistage
Dans les trois semaines précédant leur abattage, tous les troupeaux (lots) de poulets de chair sont soumis à un dépistage systématique et obligatoire des infections à salmonelles dans leurs bâtiments d’élevage. Les bordereaux d’analyse sont d’ailleurs transmis à l’abattoir préalablement à l’abattage. Un résultat positif en S. Enteritidis ou Typhimurium suspend le transfert à l’abattoir.
Dans le cas général, les prélèvements sont constitués de deux « paires de chaussettes » (système de prélèvement assimilé à un prélèvement de fientes), ou une « paire de chaussettes » et une chiffonnette.
Les laboratoires d’analyse de ces prélèvements peuvent être des laboratoires reconnus (laboratoires privés accrédités Cofrac, qui doivent adresser leur demande de reconnaissance à la DSV) ou des laboratoires agréés (laboratoires publics type LDA aussi accrédité Cofrac). Les annexes de l’arrêté détaillent ce point.
Des dérogations au dépistage systématique peuvent être accordées par les DSV lorsque les résultats sont favorables sur six bandes en un an (poulet standard) ou trois bandes en un an pour les poulets « label » à croissance lente.
Ce dépistage ne s’applique pas aux exploitations de moins de 250 poulets destinés à l’autoconsommation ou à la vente directe sur des marchés locaux.

Traitements antibiotiques
Les prélèvements ne doivent pas être réalisés pendant toute la durée d’un traitement antibiotique actif contre des entérobactéries et pendant la durée du temps d’attente. L’arrêté ne précise pas la liste des antibiotiques considérés comme actifs contre les entérobactéries.
En outre, les traitements antibiotiques sont interdits pour lutter contre les salmonelles, sauf en cas de salmonellose clinique.

Vaccination
La vaccination des poulets de chair n’est pas interdite par cet arrêté. Toutefois, contre S. Enteritidis ou Typhimurium, elle ne peut être pratiquée qu’avec des vaccins inactivés. Aujourd’hui, les trois vaccins autorisés en France sont des vaccins inactivés destinés aux poules (futures) pondeuses.

Suspicion/confirmation
Est considéré comme une suspicion d’infection,
Un résultat positif en SE ou ST dans le cadre du dépistage ou dans un autre cadre (autopsie…),
La présence d’inhibiteur dans les prélèvements du dépistage (ou l’absence de dépistage conforme lors d’un traitement antibiotique).
Le laboratoire d’analyses est tenu de faire cette déclaration à la DSV (et l’éleveur doit s’en assurer).
L’arrêté détaille les mesures prises dans l’APMS (arrêté préfectoral de mise sous surveillance), ce qui inclut :
Une seconde série de prélèvements réalisés par un vétérinaire sanitaire (ou la DSV) dans l’environnement ou les fientes et analysés dans un laboratoire agréé,
Des mesures de séquestration jusqu’à réception des résultats d’analyse.
Si la présence de SE ou ST est confirmée (ou en l’absence de résultat négatif), l’APMS est complété par d’autres mesures :
Des analyses de confirmation sur des muscles d’au moins 30 volailles prélevés par un vétérinaire sanitaire (ou la DSV) et analysés par un laboratoire agréé,
L’abattage (avec laissez-passer sanitaire), le nettoyage et de désinfection, et l’interdiction de mise en place d’autres oiseaux avant la levée de l’arrêté APMS ou APDI (arrêté préfectoral de déclaration d’infection en cas de résultat positif sur les muscles),
Une enquête épidémiologique éventuelle sur le couvoir.

Décontamination (nettoyage, désinfection)
L’arrêté détaille aussi les mesures dites de « décontamination », un nettoyage et une désinfection complète intervenant dans un délai de trois semaines après l’abattage. Un vide sanitaire est prévu après ces opérations.
L’efficacité de cette décontamination est vérifiée par des prélèvements bactériologiques dans l’environnement (bâtiments, abords…) réalisées par un vétérinaire sanitaire et analysés par un laboratoire agréé.

Abattage.
Les conditions d’abattage des poulets « suspects » (sous APMS) ou « contaminés » (sous APDI) sont détaillées.
Les viandes issues des poulets de lots suspects « APMS » peuvent normalement être destinées à la consommation humaine (sauf les abats et les viandes séparés mécaniquement qui nécessitent un traitement thermique).
Les viandes issues de poulets de lots confirmés (sous APDI) doivent subir un « traitement thermique assainissant au regard des salmonelles ».

Prise en charge financière
La quasi-totalité du dispositif est à la charge de l’éleveur, notamment pour le dépistage systématique.
L’état participe financièrement aux visites des vétérinaires sanitaires dans les limites suivantes :
En cas de suspicion, pour la réalisation de la seconde série de prélèvements dans l’environnement par le vétérinaire sanitaire : 2 AMO (soit environ 26 euros),
Pour les prélèvements sur les muscles et la préparation du chantier nettoyage et désinfection : 3 AMO (soit environ 40 euros),
Pour la vérification de l’efficacité du nettoyage et de désinfections et la réalisation des prélèvements correspondants : 6 AMO (80 euros).
L’état octroie aussi une aide à l’éleveur de 1,27 € par mètre carré pour la désinfection sur présentation des factures justificatives et sous réserve de l’obtention du contrôle bactériologique favorable. En outre, cette aide est réduite de moitié si une suspicion est à nouveau déclarée dans les 12 mois suivants. Elle est annulée en totalité si deux suspicions sont déclarées dans les 12 mois.




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