Bien-être animal

Communiqué de l'AFVPZ

Communiqué du 3 mars 2020 de l’Association Francophone des Vétérinaires de Parcs Zoologiques.

L’Association Francophone des Vétérinaires de Parcs Zoologiques (AFVPZ) déplore l’exploitation du décès d’un rhinocéros noir (Diceros bicornis) à des fins de propagande par le collectif d’associations « Rewild ». L’animal en question, né en parc zoologique, est mort fin 2019 à l’âge de 28 ans au Zoo de Pont Scorff (Bretagne).

L’émotion légitime que suscite le décès d’un animal aussi emblématique des enjeux de conservation que le rhinocéros noir n’autorise pas la confusion des chiffres et les analyses tronquées. 

Il nous paraît important de rappeler que dans la nature comme en captivité les animaux sont victimes de maladies et meurent.

Les maladies et dangers auxquels les animaux sont exposés diffèrent selon que l’animal évolue dans son milieu naturel ou non. Si certaines causes de mortalité sont propres à la captivité, d’autres sont spécifiques de la vie sauvage. La longévité maximale du rhinocéros noir dans la nature est estimée entre 35 et 50 ans selon les publications. De même que tous les humains ne sont pas âgés de 120 ans (longévité maximale humaine) au moment de leur mort, tous les rhinocéros noirs n’atteignent pas l’âge de 50 ans. Le plus vieux rhinocéros noir en captivité à ce jour est âgé de 46 ans. 

Le programme d’élevage européen (EEP) des rhinocéros noirs connait depuis ces trois dernières années une croissance annuelle de 4%, bien supérieure à celle observée chez les populations sauvages qui sont malheureusement fragilisées. Entre 2008 et 2018 on comptait en moyenne 4,6 naissances/an contre 2,1 décès/an pour atteindre en 2018 une population européenne totale de 93 individus.

La croissance et le renouvellement de la population captive témoignent d’une bonne maitrise des paramètres fondamentaux pour la santé et le bien-être d’un groupe que sont la nutrition, la biologie de la reproduction et la lutte contre les maladies. 

Ces chiffres positifs permettent aujourd’hui au programme d’élevage européen de contribuer au renforcement des populations sauvages. En 2019, cinq rhinocéros noirs issus de ce programme ont ainsi été réintroduits au Rwanda dans le parc national de l’Akagera. Le coordinateur du programme s’est rendu en février 2020 en Afrique de l’Est afin d’étudier plusieurs sites susceptibles de recevoir à leur tour des individus nés en captivité.