COVID-19

Covid-19 : résultats de l'enquête sur les difficultés rencontrées au quotidien par les vétérinaires

Réponses au questionnaire mis en ligne fin avril.

A la suite du questionnaire mis en ligne fin avril par les organisations professionnelles engagées dans l'entraide sociale (CARPV, Ordre des vétérinaires, Vétos-Entraide, SNVEL, nos représentants auprès du CPSTI - Conseil de la protection sociale des travailleurs indépendants, Association centrale d'entraide vétérinaire - ACV, Association française de la famille vétérinaire - AFFV, Association de protection vétérinaire - APV), plus de 1 800 réponses ont été recueillies.

Ce questionnaire était destiné à dresser un panorama des difficultés rencontrées par les professionnels en exercice et à cerner les conséquences humaines et économiques d'une crise qui n'avait, jusqu'à ce jour, pas connu d'équivalent.

Vous trouverez ci-après les premiers résultats de cette enquête. L'intégralité des données sera, dans les jours à venir, analysée de façon plus fine afin de mettre en perspective les impacts de la pandémie, tant sur les personnes que sur les entreprises. Une nouvelle enquête sera initiée dans les semaines à venir afin de pouvoir comparer les résultats et suivre l'évolution de la situation pour les vétérinaires.

Profil des répondants

La répartition des réponses apparaît comme extrêmement homogène si on compare les différentes populations à celles de l'atlas démographique professionnel paru en 2019. Homogénéité en matière de région ordinale et de genre du répondant, ainsi qu'en matière de lieu et de mode d'exercice : les femmes ont été plus nombreuses à répondre (56,7%) que les hommes (43,3 %) mais ce chiffre est à rapporter à celui de la répartition femmes/hommes dans la profession, puisque au 31 décembre 2018 on comptait 52,6 % de consœurs en exercice, avec une progression annuelle de la féminisation de 3,5 %.
Parmi les répondants, on compte environ 70 % de libéraux (dont 30 % exercent seuls et 40 % en association), 10 % de collaborateurs libéraux et 20 % de salariés. 70 % exercent dans une structure de moins de 4 vétérinaires équivalents temps pleins.

Les vétérinaires, leur santé et la santé de leurs proches

Concernant la perception de la crise Covid-19, une majorité des répondants (environ 70 %) se dit inquiète ou très inquiète face à celle-ci. Les trois principales sources d'inquiétude sont la préservation de leur santé, la préservation de la structure d'exercice et la stabilité de leurs revenus. Un assez faible nombre (12 %) est inquiet quant à la préservation de leur emploi.
43 % des vétérinaires considèrent que les informations reçues, quelle qu'en soit l'origine, sont contradictoires. Elles ont été sources d'anxiété pour 27 % d'entre eux. A l'opposé de ce constat, 88 % n'ont éprouvé aucun besoin de faire appel à un professionnel de l'écoute.
8 % des vétérinaires pensent avoir présenté des symptômes de Covid-19, et 17 % ont été possiblement porteurs sains ; 32 % a eu un ou plusieurs de ses proches touchés par la pandémie et 3,6 % ont eu à affronter un décès dans leur entourage.

Les vétérinaires et la conséquence de la pandémie sur l'organisation de leur travail

86 % des vétérinaires ont dû modifier l'organisation de leur travail depuis le début de la pandémie : renforcement des mesures personnelles d'hygiène (pour 81 %) et modification des horaires de travail.

Les vétérinaires salariés

Concernant les vétérinaires salariés, 65 % d'entre eux sont inquiets quant à leur avenir professionnel. Leurs principales sources d'anxiété sont la peur du licenciement, ou de la diminution de leur forfait cadre, ainsi que la peur de disposer de moins d'opportunités professionnelles dans l'avenir, voire de ne plus trouver de travail. Ils sont globalement assez satisfaits (pour 70 % d'entre eux) des informations apportées par leur employeur sur les risques et les mesures de protection mises en place, mais ils ne sont plus que 55 % à être satisfaits des informations que ce dernier leur donne sur l'impact de celle-ci sur leur situation salariale.

Les collaborateurs libéraux

Concernant les collaborateurs libéraux, 75 % d'entre eux considèrent que la crise Covid-19 aura un impact sur leur situation matérielle, et pour 60 % d'entre eux cet impact sera majeur. 45 % d'entre eux sont inquiets quant à leur avenir professionnel. 62 % ont vu leur temps de travail réduit et presque 13 % n'exercent plus. Pour 41 % d'entre eux, ce choix est subi, les autres ayant soit choisi eux-même de réduire leur temps de travail, soit décidé cela avec leur titulaire. 78 % des collaborateurs libéraux sont satisfaits des mesures de protection mises en place dans leur structure.

Les vétérinaires employeurs

Concernant les vétérinaires employeurs, 6 % d'entre-eux ont été dans l'obligation de fermer leur structure.
88 % des structures n'ont eu aucun vétérinaire placé en confinement ou confirmé Covid-19 à la dte de l'enquête. Il en va de même concernant le personnel non vétérinaire pour 83 % des structures.

Le congé pour garde d'enfant

Concernant le congé pour garde d'enfant auxquels les salariés pouvaient prétendre, 15 % des salariés vétérinaires l'ont demandé, contre 30 % des salariés non vétérinaires.
53 % des employeurs vétérinaires ont dû diminuer les horaires de leurs salariés vétérinaires ou collaborateurs libéraux, en raison d'une baisse d'activité et aussi par mesure de protection de ces derniers. Pour presque 40 % des salariés, cette diminution se situe entre 50 et 100 % des heures, alors que pour les collaborateurs libéraux, c'est 30 % d'entre eux qui ont eu à subir cette baisse. La baisse des horaires semble avoir plus impacté le personnel non vétérinaire des entreprises vétérinaires.

Le service à la clientèle

10,2 % des entreprises vétérinaires expliquent avoir des difficultés à organiser leur permanence et continuité des soins, contre 87,4 % qui réussissent à l'assurer.
98,5 % d'entre elles ont mis en place des mesures barrière spécifiques, avec en premier lieu la modification des modalités de prises de rendez-vous et des conditions d'attente des clients.

L'économie des entreprises vétérinaires

Les entreprises de nettoyages externes sont restées disponibles dans 65 % des cas.
Environ 75 % des entreprises vétérinaires rapportent des difficultés dans leur approvisionnement en médicaments, aliments et consommables.

L'impact de la crise Covid-19 sur le chiffre d'affaires des entreprises vétérinaires est constant entre le 16 mars et le 16 avril 2020 :

Concernant l'information faite aux entreprises vétérinaires, 55,7 % des vétérinaires ayant participé au sondage ne se disent pas satisfaits des conseils reçus du gouvernement, alors qu'ils sont, pour 70,5 % d'entre eux satisfaits des conseils dispensés par les organisations professionnelles vétérinaires :

Lorsque l'on interroge les vétérinaires sur les moyens de leur venir en aide, ils répondent 

A l'intention du gouvernement 

  • Être considérés comme des acteurs majeurs de la santé publique
  • Être livrés en masques
  • Alléger ou annuler leurs charges
  • Ne pas compliquer les procédures de demande d'aides

A l'intention des organisations professionnelles

  • Avoir un discours clair et univoque, en particulier sur les précautions à prendre après le 11 mai
  • Communiquer vis-à-vis du grand public, en particulier sur l'aide que la profession a apporté sans réserve au personnel soignant
  • Les représenter et les protéger face aux autres professions de santé
  • Négocier des allègements de charges

En conclusion à cette première étape, lorsqu’on demande aux vétérinaires la façon dont ils envisagent la sortie de crise, les réponses sont unanimes : cette sortie sera compliquée, longue et difficile.