Exercice pro

Le vétérinaire sentinelle

Le vétérinaire peut devenir la sentinelle au carrefour de trois santés : animale, humaine et environnementale.

Le vétérinaire est historiquement positionné comme le professionnel, qui, par sa connaissance des zoonoses, peut contribuer à la préservation de la santé humaine, notamment par l’inspection des denrées alimentaires d’origine animale, mais aussi en contrôlant la sécurité des aliments et de l’eau.
Il est pertinent d’étendre ce rôle à la préservation de l’environnement.

Continuum végétal et animal

La sécurité sanitaire des aliments prend en compte les denrées végétales et les denrées d’origine animale, l’homme se nourrit grâce à l’élevage et à la culture.
Le vétérinaire est identifié par le public comme protecteur du consommateur, il doit le revendiquer avec force. 

La première recommandation formulée par les DV Christian RONDEAU et Michel BAUSSIER dans leur rapport « Adéquation de la réponse professionnelle à la commande sociétale faite à la profession de vétérinaire » est « Concevoir un modèle économique du vétérinaire-sentinelle harmonieusement réparti sur tout le territoire. »
L’Ordre et les organisations professionnelles vétérinaires doivent poursuivre leur concertation avec le ministère de l’Agriculture, mais aussi se rapprocher du ministère en charge de la Santé, du ministère en charge de l’Environnement, et du ministère de l’Economie et des Finances.

Environnement et biodiversité

La profession vétérinaire ne doit pas se cantonner à l’intersection de l’animal, du végétal et de l’environnement, mais s’intéresser à la totalité de ces 3 santés.
Elle doit protéger la population via la prévention des zoonoses et la qualité sanitaire des aliments, la protection des animaux domestiques et sauvages, la sauvegarde de la biodiversité et la qualité de l’environnement.

De nouvelles missions

L’attribution de nouvelles missions au vétérinaire ne peut que contribuer positivement au renforcement du maillage vétérinaire, à la condition que des financements soient dégagés. La santé publique vétérinaire doit ainsi intégrer les contaminations (microbiennes et médicaments vétérinaires) issues des effluents d’élevage en s’intéressant à la protection des cultures, aux conditions d’épandage, aux zones de captage.

Le contrôle de l’hygiène des denrées est un enjeu très important en matière de sécurité des consommateurs : il porte sur la provenance, la traçabilité, le transport, le stockage, la transformation, les conditions d’élevage au regard de la bientraitance animale. L'élimination ou la maîtrise des risques alimentaires à leur origine est plus efficace que le contrôle du produit fini.

Pour ce qui est du suivi de l’antibiorésistance, le plan Ecoantibio2 évalue l’impact des pratiques sur la diffusion et la persistance de la résistance via la chaîne alimentaire, le contact avec les animaux ou via l’environnement.

Devenir un expert reconnu

Le vétérinaire doit devenir un expert reconnu à la confluence de trois univers : homme/animal/ environnement. Il doit pouvoir communiquer, conseiller, former et, lorsque cela est nécessaire, lancer des alertes.

Les missions du vétérinaire mandaté doivent s’élargir à la sécurité sanitaire, à la surveillance des zoonoses, à la protection animale et à la santé environnementale. Ses compétences techniques associées à sa connaissance du terrain en font une sentinelle de qualité.

Le vétérinaire sentinelle se doit d’être le garant de la bientraitance animale dans une approche de la relation animal/homme/environnement compatible avec la domestication, l’élevage et l’agro-écologie.