Exercice pro

Les déserts vétérinaires en France

Certaines zones du territoire national sont en grande tension et manquent de vétérinaires ruraux.

Le 8 août 2019, l’Agence France-Presse (AFP) a publié une dépêche sur les déserts vétérinaires, reprise par de nombreux médias. 

Partant de la fermeture du cabinet vétérinaire de Couiza (Aude) du docteur vétérinaire Marie-Christine Weibel, pour raisons économiques et laissant sans vétérinaire de proximité environ 200 éleveurs, l’agence s’est penchée sur la répartition des vétérinaires en zones rurales et a pris contact avec l’Ordre des vétérinaires pour recueillir des données. La consultation de l'atlas démographique de la profession vétérinaire et notamment des cartes de géolocalisation des vétérinaires (pages 30 à 35 de l’édition 2018) indique que certaines zones du territoire national sont en grande tension et manquent de vétérinaires ruraux

Jacques Guérin, Président du Conseil national de l’Ordre des vétérinaires, explique dans son entretien avec l’AFP que la raréfaction des élevages dans certaines régions fragilise l’équilibre économique des structures vétérinaires avec à la fois une baisse de l’activité et des temps de déplacement improductifs et non rémunérés pour se rendre dans les élevages. 

A cela se rajoute une moindre attirance des vétérinaires pour l’activité rurale, sans doute liée au fait d’une méconnaissance des attraits de la vie à la campagne et de l’intérêt de cette activité. Pour pallier cela, la profession vétérinaire avec le ministère en charge de l’agriculture a mis en place depuis quelques années des stages tutorés en rurale accessibles aux étudiants de cinquième année des écoles nationales vétérinaires françaises pour leur permettre de découvrir le métier de vétérinaire rural.

Ces stages tutorés connaissant un réel succès puisque la quasi-totalité des bénéficiaires exercent ensuite en zone rurale. 

Côté avenir et prospective pour la profession vétérinaire, plusieurs collectivités territoriales réfléchissent à des modèles d’aides financières tant à l’installation qu’au maintien de l’activité vétérinaire en zone rurale, et une étude sera publiée cet automne sur les besoins en vétérinaires en France dans les cinq à dix prochaines années. Cet éclairage devrait permettre de mieux appréhender le devenir de la profession et de trouver des pistes pour maintenir en France un réseau de vétérinaires qui a su jusqu’à présent montrer son efficacité et son engagement au service de la santé animale, de la santé publique et de la société dans son ensemble.