Biologie vétérinaire

A qui adresser les prélèvements ?

Le vétérinaire praticien a souvent besoin, dans le cadre du diagnostic vétérinaire et en complément de son examen clinique, voire en complément d’autres examens paracliniques, de procéder ou de faire procéder, à partir de prélèvements, à des analyses de laboratoire.

Analyses sur place

Il peut s’agir d’analyses extemporanées, réalisables sur place au sein de l’établissement de soins vétérinaires. C’est le cas pour une clinique vétérinaire, un centre hospitalier vétérinaire ou un centre de vétérinaires spécialistes car le cahier des charges de la quasi-totalité de ces établissements impose la présence de certains matériels de laboratoire et les compétences généralistes de base nécessaires pour effectuer sur-le-champ des tests rapides, des recueils et traitements de signaux biologiques à visée d’orientation diagnostique ou d’adaptation thérapeutique immédiate. Cela reste évidemment possible aussi dans les cabinets vétérinaires. Les vétérinaires désignent généralement sous le nom de laboratoire la pièce ou la partie des locaux affectés à ces analyses de routine. Mais le praticien peut aussi avoir besoin d’examens d’histopathologie vétérinaire ou de biologie vétérinaire qui nécessitent les compétences d’un biologiste. Il recourt alors à un laboratoire externe d’anatomie pathologique ou bien de biologie.

Analyses en laboratoire

Pour l’anatomie pathologique, la compétence exclusive d’un vétérinaire s’impose généralement à l’esprit, indépendamment du fait que le droit l’exige. Dès lors qu’il s’agit de biochimie clinique, d’hématologie, de parasitologie, de microbiologie, …, assez curieusement les vétérinaires praticiens se sont le plus souvent assez peu interrogés sur les compétences présentes au sein du laboratoire auquel ils adressent ou font porter les prélèvements. Pourtant, l’acte de biologie vétérinaire, c’est-à-dire l’acte de biologie effectué à partir d’un prélèvement issu du corps d’un animal, est un acte vétérinaire et l’exercice de la biologie vétérinaire relève des prérogatives exclusives du vétérinaire (articles L 243-1 et suivants du code rural et de la pêche maritime).

Aujourd’hui ce service externe de biologie vétérinaire, pour les besoins de la médecine vétérinaire dans le secteur privé, est apporté tant par des laboratoires publics que des laboratoires privés. Jusqu’à présent, pour les analyses demandées, le maillage territorial constitué des laboratoires publics et des laboratoires privés assure ses missions sur la base des qualifications professionnelles présentes et notamment des compétences vétérinaires adaptées. Ce réseau, bien que sous la pression des arbitrages budgétaires des collectivités territoriales, demeure robuste sur l’ensemble du territoire national. C’est un enjeu majeur de santé publique. Ces laboratoires publics et privés dirigés par des vétérinaires ou disposant de compétences vétérinaires internes spécialisées rendent aujourd’hui une haute qualité de services au bénéfice des prescripteurs, des détenteurs des animaux, et in fine à la santé des animaux.

Biologie médicale (humaine)

En revanche, par habitude et facilité, par routine aussi, sans aucune remise en question, nombre de demandes d’analyses (en biochimie mais aussi en bactériologie) sont adressées par les vétérinaires, notamment en ville, à des laboratoires de biologie médicale (humaine), autrement dit des laboratoires de proximité ayant vocation pourtant, notamment depuis la loi du 30 mai 2013 portant réforme de la biologie médicale, à ne recevoir que des prélèvements issus du corps humain. L’interrogation sur la légalité de la situation est certes une chose, mais ce qui est le plus important est le questionnement sur la qualité du service rendu, laquelle découle nécessairement, dans ce domaine, de compétences vétérinaires spécialisées. Or bon nombre de résultats rendus par ces laboratoires de proximité sont fortement sujets à caution.

Antibiotiques

Pour mémoire, la mesure 11 du plan ECOANTIBIO 2017 avait déjà pour objectif d’attirer l’attention des vétérinaires sur l’utilisation par nombre de laboratoires auxquels ils s’adressent, de méthodes inappropriées à la médecine vétérinaire (germes et antibiotiques testés inadéquats). Il existe en effet des méthodes validées propres à la médecine vétérinaire. Il est textuellement écrit ceci dans le plan : « Les vétérinaires seront sensibilisés à la nécessité d’adresser leurs analyses à des laboratoires qui ont développé une compétence vétérinaire permettant la bonne interprétation des résultats ». Au demeurant, le recours à un laboratoire vétérinaire est affirmé dans l’arrêté du 22 juillet 2015 annexe 1 article 4 en ces termes : « Les tests de sensibilité aux antibiotiques sont réalisés dans des laboratoires vétérinaires selon des méthodes standardisées et validées et suivent les critères d'interprétation validés pour la médecine vétérinaire ». 

Références légales et réglementaires :

- Article L 243-1 du Code rural et de la pêche maritime définissant notamment l’acte de médecine des animaux

- Loi n°2013-442 du 30 mai 2013 portant réforme de la biologie médicale traitant notamment en son article 8-III-a de l’accréditation des laboratoires de biologie médicale

- Article L 6212-1 du Code de la santé publique définissant la laboratoire de biologie médicale

- Article L 6211-1 du Code de la santé publique définissant l’examen de biologie médicale

Fiche rédigée en octobre 2016.