Les conditions de production de l'eCG

Demande d'avis de l'association Welfarm concernant les conditions de production de la gonadotrophine chorionique équine (eCG), importée en Europe depuis l'Argentine et l'Uruguay.

L'association Welfarm (Protection mondiale des animaux de ferme), relayant une campagne européenne dénonçant " les mauvaises conditions de vie des juments dans les " fermes à sang " d'Argentine et d'Uruguay " et les maltraitances subies, a demandé au CNOV son avis concernant les conditions de production de la gonadotrophine chorionique équine (eCG) importée en Europe depuis l'Argentine et l'Uruguay.

Cette question d'intérêt en matière de bientraitance animale, de bientraitance des juments en particulier, n'est pas étrangère à l'Ordre des vétérinaires puisqu'il a déjà été interpellé dans le cadre de la pétition organisée par l'association PETA. A cette occasion, l'Ordre des vétérinaires avait exprimé clairement sa position quant aux questions soulevées par les pratiques dénoncées.

Sur un plan général, l'Ordre réitère avec force et conviction ce principe intangible et fondamental : l'Ordre des vétérinaires n'accepte pas de cautionner des actes de cruauté envers les animaux. Le Code de déontologie vétérinaire, fondement des valeurs éthiques que les praticiens portent quotidiennement en exerçant la médecine et la chirurgie des animaux, l'affirme sans ambiguïté en son article R 242-33 alinéa VIII : " Le vétérinaire respecte les animaux ".

En ce qui concerne plus particulièrement les conditions de vie de ces juments, l'Ordre des vétérinaires français n'est pas en situation de connaître par lui-même et directement l'ensemble des données du problème et prétendre rendre un avis documenté, dépassionné et scientifiquement étayé. La seule production de vidéos, qui plus est " militantes ", ne peut en elle seule conduire l'Ordre des vétérinaires à se forger une opinion. Pour autant, la Commission " Vétérinaire et bientraitance animale " du Conseil national de l'Ordre des vétérinaires a conduit des recherches complémentaires qui lui ont permis de constater que ce problème est pris en compte par les instances européennes qui ont mobilisé les Etats membres. L'Ordre des vétérinaires, en tant que membre de la Fédération Vétérinaire Européenne, sera attentif aux résultats de cette démarche.

Concernant la production de l'hormone gonadotrophine chorionique équine (eCG, autrefois dénommée PMSG), l'Ordre des vétérinaires estime qu'elle doit respecter la règle des 3 R (Reduce/Refine/Replace), élaborée en 1959, et fondement de la démarche éthique appliquée à l'expérimentation animale en Europe et en Amérique du Nord. En effet, si une telle production devait se mettre en place en France - ce qui n'est pas le cas actuellement - elle relèverait de la réglementation relative à l'expérimentation animale (article R 214-105 du Code rural et de la pêche maritime). Il est à noter qu'aujourd'hui cette hormone est utilisée à des fins thérapeutiques pour traiter des troubles de la reproduction, et à des fins de bientraitance animale pour organiser les élevages en bandes homogènes avec, notamment pour objectif, une surveillance accrue et adaptée des animaux aux moments clés de leur vie et l'apport de soins optimaux pour les primipares et les nouveau-nés. Il convient de noter que si actuellement la synthèse de cette hormone n'est pas techniquement possible, et que des recherches sont nécessaires pour développer des alternatives de synthèse et de biotechnologie, de telles recherches semblent d'ores et déjà en cours au niveau européen.

Enfin, il faut noter que les vétérinaires français qui prescrivent et/ou administrent des médicaments contenant de l'eCG ne sont pas en mesure d'en connaître l'origine, ni par le résumé des caractéristiques du produit (RCP), ni par la notice accompagnant le médicament. Pour ce qui est du choix du fournisseur de l'hormone, le Conseil national de l'Ordre des vétérinaires invite l'association Welfarm à prendre contact avec les structures directement concernées : le Syndicat de l'Industrie du Médicament et réactif Vétérinaire (SIMV) en France, et l'European Animal Health Industry (IFAH-Europe) en Europe.