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L’écoresponsabilité dans la pratique vétérinaire : une démarche collective et concrète

"Le vétérinaire prend en compte les conséquences de son activité professionnelle sur l'environnement". Code de déontologie, article R. 242-33 IX

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L’article R. 242-33 IX du Code de déontologie invite les vétérinaires à considérer l’impact environnemental de leur activité. 

Pour concrétiser cette réflexion, la Commission Santé publique vétérinaire a créé le groupe de travail « One Health », réunissant des élus ordinaux régionaux et nationaux. 

Leur objectif : intégrer l’environnement et le bien-être animal dans les projets d’aménagement territorial, tout en proposant des solutions pratiques pour réduire l’empreinte écologique des établissements vétérinaires.

Le groupe de travail « One Health »

Composé de 3 élues ordinales régionales, les DV Hélène BOURAS, Muriel JANIN-PLATEL et Christine RICHARD ainsi que de 4 élus ordinaux nationaux, les DV François JOLIVET, Matthieu MOUROU, Cyrielle TAVEAU et Marc VEILLY, le groupe s’est réuni début avril 2026 pour fixer sa feuille de route et échanger avec Madame CARRÈRE, urbaniste pour le schéma de cohérence territoriale du Grand Pau (document d’urbanisme qui planifie l’aménagement d’un territoire pour 20 ans), amenant une réflexion sur la place de l’environnement et de l’animal au sein d’un projet d’urbanisme global.

« Le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas ». 

D’après une étude du Shift Project de 2021, les émissions de gaz à effet de serre du secteur de la santé représentent autour de 49 millions de tonnes de CO2, soit entre 6 % et 8 % de l’empreinte carbone de la France. Pour ce qui est du bilan carbone du secteur des établissements de soins vétérinaires, il n’existe que très peu de publications scientifiques. 

Le calcul de l’empreinte carbone permet de mettre en exergue les postes d’émission les plus importants afin de hiérarchiser les actions prioritaires et d’obtenir une valeur chiffrée pouvant notamment motiver les équipes. Chaque écogeste n’en reste pas moins utile pour limiter le réchauffement climatique. À ce sujet, le groupe de travail a listé quelques écogestes qu’il est possible de mettre en place simplement et rapidement au sein d’un établissement de soins vétérinaires.


Les écogestes dans la pratique vétérinaire

Éviter le plastique jetable dans la mesure du possible. Préférer par exemple, l’usage de surchaussures lavables. Le coût d’achat en sera ainsi diminué. En chirurgie, les sacs de stérilisation peuvent être remplacés par des boîtes en aluminium qu’il est possible de stériliser. 

Adapter l’usage des biocides. L’association Qualitévet a publié un guide et des fiches sur l’utilisation des biocides qu’il est très utile de connaître afin de sélectionner les produits adéquats selon les situations et de les utiliser convenablement (www.qualitevet.org). 

Réduire sa dépendance aux énergies fossiles en installant par exemple des panneaux solaires. La production d’énergie solaire coïncide souvent avec les heures d’ouverture, donc aux heures de fortes consommations. 

Diminuer sa quantité de consommables. Pour le nettoyage, passer aux microfibres lavables que l’on peut réutiliser très longtemps est un bon exemple. 

Réaliser le bilan carbone de la structure vétérinaire pour identifier les postes d’émission les plus élevés et suivre ensuite les progrès. À noter qu’une partie très importante de l’empreinte carbone d’un établissement de soins vétérinaires est constituée des déplacements des clients et des équipes vétérinaires. 

Susciter l’engagement collectif des équipes vétérinaires. S’engager seul dans des actions n’a que peu d’impact et peut aussi amener à un découragement. C’est pourquoi il est crucial d’emmener toute l’équipe (vétérinaires et auxiliaires vétérinaires) dans ce chemin. 

Viser la sobriété numérique. À titre d’information, le Mooc Impacts environnementaux du numérique de l’Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique (Inria) est intéressant. On peut prolonger la durée de vie des appareils en les entretenant convenablement, en évitant les sources de chaleur ou en laissant libre l’entrée du ventilateur de l’ordinateur afin de dissiper la chaleur. La charge de la batterie des appareils doit rester entre 20 % et 80 % et il faut éviter une charge permanente des appareils. Lors d’une panne, la réparation est l’option de choix. Connecter son smartphone au Wifi plutôt qu’utiliser la 4G/5G est moins énergivore. Enfin, limiter le stockage des courriels, photographies ou vidéos permet de libérer de l’espace et de réduire l’empreinte liée au stockage. 

Prêter attention à sa consommation en eau. La première mesure peut être de relever le compteur d’eau le soir en partant puis le matin en arrivant  : si les chiffres ont changé, une fuite est présente. Les premiers responsables potentiels à vérifier sont la chasse d’eau, le ballon d’eau chaude, les radiateurs et les tuyaux du lave-linge. Il est conseillé de faire ce test mensuellement. Une chasse d’eau défectueuse peut laisser fuir 600 litres d’eau par jour. On peut également trouver un moyen pour fermer le robinet lors du scrub des mains en utilisant par exemple une commande fémorale. Prêter attention à la consommation d’un équipement avant son achat est une autre solution complémentaire. 

Tout ceci peut et doit se faire sans altérer la qualité des soins. La démarche écologique peut être vue comme un levier de sens pour l’équipe et une possibilité d’économie.

Quel est ton écogeste ?

Dans les bureaux du Conseil national de l’Ordre à Paris qui regroupent 14 élus et 21 salariés, le tri du papier et des capsules de café a été mis en place voilà plus de 5 ans avec une société qui emploie des personnes en réinsertion, permettant en 2025 de recycler 645 kg de papier (soit l’équivalent de 9 arbres) et 231 kg de capsules de café (permettant la fabrication de 1 650 canettes) avec un total de 48,9 kg de CO2 économisés. Quant aux bouteilles d’eau, elles ont été bannies voilà 2 ans au profit de fontaines à eau branchées sur le réseau d’eau potable et dotées d’une filtration spécifique. 

DV Marc VEILLY, Secrétaire général du Conseil national