Hommage : Docteur-vétérinaire Marcel Liodenot

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Notre confrère Marcel LIODENOTs’est éteint en ce joli mois de mai 2026, à l’âge de 96 ans. Ses obsèques religieuses se sont déroulées à Paray-le-Monial le samedi 23 mai. 
Marcel nous a apporté, s’il en était besoin, la preuve que le travail, poussé à son paroxysme et bien au-delà des bornes de ce qui déclencherait aujourd’hui le burn-out, ne tue pas et que, bien au contraire, il fortifie et vivifie le corps et l’esprit.
Marcel LIODENOT fut une figure régionale de la profession. Pour moi, son assistant puis son associé à Montceau-les-Mines, il fut un père spirituel dans l’exercice de l’art vétérinaire et un mentor dans la compréhension de notre profession.
Prototype du vétérinaire rural dans son modèle masculin devenu maintenant ancestral, mais suffisamment curieux et ouvert pour soigner, selon un rythme professionnel trépidant,  toutes les espèces qui se présentaient au vétérinaire installé en ville, cet homme à la poigne de fer, franc et chaleureux, joueur, rieur mais à l’occasion coléreux, toujours porteur d’une force - non point tranquille mais plutôt impétueuse, a sillonné, souvent à vive allure, le jour et la nuit et par tous les temps, les routes de campagne au volant de ses voitures puissantes, pour y porter, de ferme en ferme, une obstétrique, sinon douce, au moins efficace. Cet homme qui avait la passion du métier rural, y trouvait les occasions de la rencontre humaine. Chez lui, rusticité et mondanité, de même que tradition et modernité, n’étaient pas forcément antinomiques et alternaient prodigieusement à la façon de tours de passe-passe.

Avant-gardiste et pleinement moteur dans la constitution d’un cabinet de groupe qui, longtemps, avec sept associés, fut le groupe le plus important au plan national, il s’engagea pour la profession, au sein de notre ordre dont il fut le secrétaire général régional. Il n’eut de cesse de m’inciter à m’engager dans cette voie…
La plus belle leçon – en tout cas pour moi marquante -qu’il me donna au tout début de mon exercice salarié sous son autorité, c’est quand il m’expliqua avec conviction que de faire une césarienne sur une vache était à la portée du premier venu tandis que faire une tuberculination était un acte suffisamment grave pour n’être confié qu’à un vétérinaire sûr de son art et de son autorité. Davantage que la santé animale, c’est la santé publique qui lui importait le plus dans l’exercice de la profession. Il ne le disait pas en anglais, aujourd’hui on parlerait de One Health !
En tout cas on peut dire : One Marcel !

Merci Marcel pour ton engagement et ton exemple.
Repose en paix !
Et que tous les tiens, tous ceux que tu as aimés et qui t’ont aimé, soient assurés de la sympathie de tes confrères et amis. 
 

Docteur-vétérinaire Michel Baussier

Président d'honneur du Conseil national de l'Ordre des vétérinaires

Mai 2026